Bâtiment modulaire temporaire : quand la dispense d’urbanisme de trois mois s’applique Louer un bungalow ou un module pour quelques semaines ne demande pas forcément de permis : le code de l’urbanisme dispense de formalité les constructions implantées pour une durée limitée. Mais la durée se compte strictement, certains usages bénéficient d’un régime de deux ans et des zones à risques sont exclues. Voici ce que dit le texte et comment s’en servir pour décider entre location courte et projet durable. La réponse en bref Une construction implantée pour une durée n’excédant pas trois mois est dispensée de formalité d’urbanisme (article R421-5 du code de l’urbanisme). Pour des constructions démontables à usage exclusif de résidences universitaires, résidences sociales, centres d’hébergement et de réinsertion sociale ou hébergement d’urgence, la durée est portée à deux ans par le décret n° 2023-894 du 22 septembre 2023. La dispense ne vaut pas dans les zones où un plan de prévention des risques approuvé interdit les constructions. Ce que le décret de 2023 a changé Selon Localtis, le service d’information de la Banque des Territoires, le décret publié au Journal officiel du 24 septembre 2023 rend pérenne un assouplissement temporaire créé en 2021, qui avait fixé un plafond de 18 mois. Il porte ce plafond à deux ans et ajoute le relogement temporaire rendu nécessaire par des opérations d’aménagement urbain du nouveau programme national de renouvellement urbain. À l’issue des deux ans, les lieux doivent en principe être remis dans leur état initial. Usage du module | Durée sans formalité | Point de vigilance Tout usage (bureau, vestiaire, salle d’attente…) | 3 mois au plus | Hors zones interdites par un plan de prévention des risques Résidence universitaire ou sociale, CHRS, hébergement d’urgence (usage exclusif) | 2 ans au plus | Remise en état des lieux à l’issue Relogement temporaire lié au renouvellement urbain (NPNRU) | 2 ans au plus | Remise en état des lieux à l’issue Trois cas pour décider Un bureau de vente installé de mai à juillet, soit trois mois : il entre dans la dispense générale. Le même bureau prolongé jusqu’en septembre dépasse la durée : il faut alors traiter la construction comme un projet soumis aux règles ordinaires, à vérifier en mairie avant de signer la prolongation de location. Une association qui loge des personnes en hébergement d’urgence dans des modules démontables peut bénéficier du plafond de deux ans, à condition que l’usage soit exclusivement celui prévu par le texte. Ce que la dispense ne règle pas Être dispensé de formalité d’urbanisme ne dispense ni des règles de sécurité et d’accessibilité applicables à l’usage, ni des raccordements, ni de l’accord du propriétaire du terrain, ni des conditions d’accès et de pose du module. Vérifiez aussi le classement du terrain au regard des risques : la dispense est exclue là où un plan de prévention des risques approuvé interdit de construire. Préparer la décision Écrivez la date de pose et la date de retrait prévues, l’usage exact et le statut du terrain. Si la durée risque de dépasser le seuil, comparez dès le départ la location courte avec un projet instruit normalement : découvrir le dépassement à la fin du contrat coûte plus cher que de poser la question à l’urbanisme au début. Limites Ce guide s’appuie sur la présentation du décret par Localtis (25 septembre 2023), consultée le 29 octobre 2026. Les règles locales et les secteurs protégés peuvent imposer des conditions particulières ; le texte consolidé de l’article R421-5 fait foi. À garder sous la main □ Noter les dates de pose et de retrait □ Vérifier si la durée dépasse 3 mois □ Vérifier si l’usage relève du régime de 2 ans □ Consulter le plan de prévention des risques □ Prévoir la remise en état □ Interroger l’urbanisme avant toute prolongation Un bungalow de chantier loué 10 semaines demande-t-il un permis ? Une construction implantée pour trois mois au plus est dispensée de formalité d’urbanisme selon l’article R421-5, hors zones interdites par un plan de prévention des risques. Qui peut bénéficier de la durée de deux ans ? Les constructions démontables à usage exclusif de résidences universitaires, résidences sociales, CHRS, hébergement d’urgence, et le relogement temporaire lié au renouvellement urbain. Que se passe-t-il au bout des deux ans ? Les lieux doivent en principe être remis dans leur état initial. Sources et repères Constructions démontables : un décret pérennise le dispositif de dispense de formalités d’urbanisme — https://www.banquedesterritoires.fr/constructions-demontables-un-decret-perennise-le-dispositif-de-dispense-de-formalites-durbanisme